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Le Top : 1973

L’année 1973, qui voit mourir Gene Krupa et Ben Webster, symbolise le déclin des grands groupes de rock traditionnels, l’âge d’or de la kosmische musik et la stabilisation du funk qui s’immisce un peu partout en donnant lieu à de nombreuses fusions.

20. Cyborg. Klaus Schulze. Le grand Klaus, égal à lui-même, c’est-à-dire grandiose.

19. Live in Europe. Creedence Clearwater Revival. Enregistré alors que le groupe est en déclin, le son live est plus rêche et massif qu’en studio. A découvrir.

18. Fresh. Sly & The Family Stone. D’une richesse étonnante et d’une musicalité innée. Tout coule de si évidente façon que c’en est troublant

17. Innervisions. Stevie Wonder. Deuxième volet d’une tétralogie qui propulsera Little Stevie parmi les génies de la musique populaire, Innervisions synthétise soul, funk et R’N’B pour un résultat fort sympathique.

16. Angel’s Egg. Gong. Fantastiquement fantasque. A réécouter pour discerner toutes les bizarreries propres à une époque bénie.

15. Overnite Sensation. Frank Zappa. Un album de Zappa euphorique et léger, parfaitement orchestré.

14. Cosmic Slop. Funkadelic. Album peu connu. La carrière de la troupe n’ayant pas connu de ratés, il s’écoute comme tous les autres : superbement bien.

13. Catch a Fire. Bob Marley. Le prophète jamaïcain révolutionne le reggae en l’encrant pour la première fois dans l’histoire de la musique populaire occidentale. Le début d’un mythe.

12. Houses of the Holy. Led Zeppelin. Comme dans chaque album de Led Zep jusqu’à 1975 inclus, les Anglais se réinventent, se permettant même une incursion dans le reggae (« D’yer Mak’er »). Agressivité contrôlée et flamboyance rythmique en sont les maîtres mots.

11. Aladdin Sane. David Bowie. L’immense Bowie parvient, moins d’un an après son chef-d’œuvre The Rise and Fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars à reproduire sa formule magique. Du morceau-titre (époustouflant) à « Time » en passant par « Panic in Detroit » ou « Cracked Actor », cela fonctionne parfaitement.

10. IV. Faust. Décidément, Faust se situe à un autre degré, une autre planète, un tout autre niveau, même si cet album étonne moins que les précédents.

9. Space Ritual. Hawkwind. L’essence du stoner. C’est tout.

8. Mekanik Destruktiw Kommandoh. Magma. Si l’on excepte les musiques électroacoustiques, la formation de Christian Vander est la seule à tenir la comparaison face aux anglo-saxons des années 1970. Et cette route est passionnément tortueuse.

7. Dark Side of The Moon. Pink Floyd. Evidemment indispensable, au sommet de la recherche acoustique. Un exemple de production impeccable. Indémodable près de quarante ans plus tard.

6. Atem. Tangerine Dream. Un modèle de pureté kraut.

5. Starring Rosi. Ash Ra Tempel. Peut-être un peu moins étrange que les autres productions du groupe, Starring Rosi se charge néanmoins de montrer à quel point Ash Ra Tempel est, quand il le souhaite, largement au-dessus du lot. Encore bravo.

4. Birds of Fire. Mahavishnu Orchestra. Chose rare : John McLaughlin et ses compères, par un savant dosage, arrivent à proposer une musique extrêmement technique sans souler ni anesthésier.

3. Larks tongues in Aspic. King Crimson. L’un des tout meilleurs groupes anglais des années 1970 en pleine forme. Terrifiant, émouvant, expérimental, libre. Sublime.

2. Join Inn. Ash Ra Tempel. Le secret le mieux gardé de la R.F.A. Une plage par face, des sensations multiples, un disque impérissable.

1. (No Pussyfooting). Robert Fripp & Brian Eno. Hors du temps, quasi-expérimentale, cette œuvre ne ressemble à rien de terrestre. Ahurissant de modernité, les deux amis enregistrent là un disque magique.

Il paraissait évident d’accorder dans cette sélection 1973 une place de choix à la kosmische musik tant elle redonna du souffle aux Anglo-Saxons. Si importante soit-il à ce moment-là, ce mouvement ne représente « que » un quart de la sélection. Il truste cependant les premières places. Il faut bien avouer qu’ Ash Ra Tempel propose une musique extraordinaire, et qu’à ce titre il n’est pas exagéré de faire figurer les deux disques qu’ils sortent cette année dans les cinq premières places. Les « auteurs classiques » que sont Zappa, Stevie Wonder, Led Zeppelin, Bowie, Creedence et Pink Floyd sont représentés en dépit du fait qu’on ne trouve pas là leur meilleur album. Le funk, alors florissant, est à l’honneur grâce à deux de ses plus grands représentants, Sly et Funkadelic, les deux familles un peu tarées. King Crimson ne devrait jamais arriver après le podium dans n’importe quel classement que ce soit, nous en conviendrons tous.
Pour ce que est du vainqueur, il suffit d’écouter (No Pussyfooting) d’une traite, tout seul, même allongé sur un lit de fakir ou dans une bassine d’eau gelée pour être convaincu de sa légitimité au sommet.

SANS OUBLIER :

- It’s Only a Movie. Family

- Goats Head Soup. The Rolling Stones. Contrairement à ce qu’on a pu dire, cet album tient très bien la route, grâce notamment aux géniales « 100 years ago », « Dancing With Mr. D. » ou « Doo, doo, doo, doo, doo ».

- Marjorie Razorblade. Kevin Coyne.

- Neu ! 2. Neu !`

- Future Days. Can. Un excellent album de la formation germanique toujours géniale.

- Paris 1919. John Cale.

- Mott. Mott the Hoople

- Sabbath Bloody Sabbath. Black Sabbath.

- Tales From Topographic Ocean. Yes.

- After the Ball. John Fahey. L’oncle John nous offre des berceuses et autres ballades de grande classe, comme il sait les concocter. Plus festif, provoquant moins la déprime qu’à ses plus belles heures.

- The Great Lost Kinks Album. Il suffit presque que Ray Davies chante n’importe quoi pour que l’on soit en admiration devant l’ensemble de la production des morceaux kinksiens.

- Wishbone Four. Wishbone Ash. Le meilleur des groupes ringards. Toujours aussi efficace. Avec des parties vocales à la Roger Daltrey. Quelques morceaux très faibles cependant.

Pierre Castel.

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